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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 05:44

 

 

Sortie nationale en mars 2012

 

 

Présentation pour diffusion dans les réseaux

 

La Ligue des droits de l’Homme de Toulouse annonce la publication prochaine de :

Comparutions immédiates : quelle Justice ?

Regards citoyens sur une justice du quotidien

Ouvrage coordonné par Daniel Welzer-Lang & Patrick Castex

(en collaboration avec Américo Mariani, Frédéric Rodriguez, Sébastien Saetta, Rémi Cochard, Hervé Dubost) ; éditions Erès (Toulouse) 

 

L’Observatoire des comparutions immédiates de Toulouse a été créé par la Ligue des droits de l’Homme de Toulouse, associée à des universitaires. Du 1er février au 30 juin 2011, 47 auditeurs et auditrices ont observé 543 affaires, au terme de 112 audiences, auditionné avocat-e-s, magistrats, professionnel-le-s du droit. Seul le procureur de la République a refusé que ses substituts soient entendus. On ne saura donc pas pourquoi dans 63% des cas le parquet demande de la prison ferme. Comment se fait le « pré-jugement » qui fait que certain-e-s passent en comparution immédiate (procédure la plus rapide et la plus répressive) et pas les autres.

 

Des observations réalisées et de l’étude statistique il ressort nettement que cette procédure revêt un caractère expéditif (les affaires sont jugées en 36 minutes en moyenne), peu respectueux des droits des personnes prévenues ET des victimes. Cette procédure met à mal les principes de la justice républicaine : procès équitable, présomption d’innocence, individualisation et sens de la peine.

La population étudiée est surtout jeune, pauvre, précaire et masculine (95% des affaires), souvent en mauvaise santé ; les « mauvais pauvres » disent les auteurs. Plus de la moitié d’entre-elle est « colorée » (« Blacks », « Beurs »). Mais contrairement au discours sécuritaire, outre les étrangers en situation irrégulière, « sans papier », les jeunes noirs et maghrébins sont plus impliqués dans des délits sans violence, moins concernés par les atteintes aux biens et aux personnes. Contrôles au faciès et politique du chiffre imposée aux services de police expliquent en grande partie leur présence dans ce tribunal. Pourtant, dès qu’ils ou elles ont un casier judiciaire avec plus de trois condamnations, et de manière discriminatoire, ils/elles sont plus envoyé-e-s en prison que les autres. Les analyses montrent le rôle central du casier judiciaire, marqueur objectif de la délinquance pour certains, mais surtout marqueur social de la petite délinquance de pauvreté.

 

Les récidives montrent l’échec de la prison et de l’exemplarité de la peine. Et pour certains délits, notamment les délits de circulation, les violences conjugales, comme les atteintes aux biens, la récidive après une peine de prison est massive. Bras armé de la politique pénale, la judiciarisation du quotidien que sont les comparutions immédiates montre surtout les effets destructeurs de la pauvreté, du non-accès au système de santé.

 

L’analyse des affaires après et avant le 15 avril 2011 (date de la réforme de la garde à vue), comme la comparaison des chiffres entre Lyon (Conseil lyonnais pour le respect des droits) et Toulouse, montre un « effet système » qui semble s’imposer à l’ensemble des acteurs et actrices de la chaine pénale des comparutions immédiates ; « effet système » qui pourrait bien relativiser le rôle des Citoyens assesseurs dont on nous dit qu’ils et elles vont révolutionner la justice.

 

Le livre est aussi enrichi par les apports de responsables de centre de réinsertion pour sortants de prison, d’association pour femmes victimes de violences, d’avocats et magistrats. Serge Portelli, Gilles Sainati, magistrats et Laurent Mucchielli sociologue, qui ont développé des analyses sur les comparutions immédiates et sur le thème de l’insécurité ont aussi contribué à cet ouvrage.

 

Sortie nationale en mars 2012

 

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19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 06:54

 

Depuis le 1er février 2011, la Ligue de Droits de l’Homme (LDH) de Toulouse, en lien avec quelques universitaires de l’UTM (Université Toulouse Le-Mirail)  a créé l’ « Observatoire des comparutions immédiates ». Tous les après-midi des auditeurs et des auditrices scrutent les audiences de cette justice si particulière où défilent, jour après jour, immigrés sans papier expulsés qui refusent d’embarquer à Blagnac, sous-prolétaires n’ayant pas la chance d’avoir un ami propriétaire d’un jet en Tunisie, petits larcins du quotidien…

Cette  justice se fait en notre nom à tous et toutes…

Les auditeurs et auditrices, outre une grille d’observation, sont invité-e-s à écrire aussi leurs impressions : une vision plus subjective et qualitative de cette justice-là…

Premiers résultats de l’Observatoire : en juin 2011.

[Pour joindre l'Observatoire des Comparutions Immédiates : mail = ocomi31@yahoo.fr]

  Je ne manquerai pas de publier ici quelques billets traduisant mes observations.

 

 

 

 

4/4/2011

 

Etre sénégalais ET homosexuel : la prison comme seule solution

 

Que dire .

Il a fait son « coming out », bref il a dit qu’il avait des pratiques homosexuelles. Il préfère le sexe et l’amour avec des garçons. Ce qui est de plus en plus habituel dans certains pays. Sauf que dans d’autres pays, cela est interdit ! Et puni !

 

Il a 28 ans, mignon. Il parle bien, semble avoir une bonne éducation. Son avocat le dit « bien intégré ». Son casier judiciaire n’est plus « vierge » [quel mot !]. Déjà en novembre 2010, il a refusé de rentrer dans son pays. Non à cause de son homosexualité, mais à cause de la répression que subissent les homosexuels au Sénégal. Il a été condamné à 1 an d’interdiction de territoire.

« Il n’existe pas de preuve de mauvais traitement des homosexuels au Sénégal » a dit le Procureur.

Aucun traité n’existe pour ce motif a-t-il  ajouté

 

J’ai cherché rapidement. En 30 secondes, j’ai obtenu cela (Merci Google !)

 

Sur le site du Ministère des affaires étrangères ;

 

Cette mise en garde :

Avertissement lié à l’homosexualité


L’article 319 du code pénal prévoit qu’au Sénégal "...sera puni d’un emprisonnement d’un à cinq ans, quiconque aura commis un acte impudique ou contre nature avec un individu de son sexe. Si l’acte a été commis avec un mineur de 21 ans et moins, le maximum de la peine sera toujours prononcé."
 

[http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/conseils-aux-voyageurs_909/pays_12191/senegal_12357/index.html]

 

Au vu de l’évolution des Droits de l’Homme, des traités internationaux, les discriminations pour raison de sexualités seront un jour intégrées dans nos lois communes. Et ce n’est que justice. Sauf, que le Procureur a raison, ce n’est pas — encore  — le cas.

Il refuse de repartir dans son pays homophobe. Il va en prison. Il ressort, refuse d’embarquer. Il repart en prison !

 

Faudra t-il [rayer les mentions inutiles]

1/ qu’il se suicide ? 2/ qu’il fasse un mariage blanc ou gris en France ?  3/ un mariage avec un homme en Espagne [c’est déjà trop tard !]

Comment sortir de cette spirale infernale où nous cautionnons le sexisme de certains pays contre les gais, les lesbiennes, les bi, les trans ? Dans d’autres circonstances, nous sommes pourtant rapides à dénoncer les interprétations erronées du Coran (qui n’a jamais interdit l’homosexualité !)

 

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19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 06:52

Depuis le 1er février 2011, la Ligue de Droits de l’Homme (LDH) de Toulouse, en lien avec quelques universitaires de l’UTM (Université Toulouse Le-Mirail)  a créé l’ « Observatoire des comparutions immédiates ». Tous les après-midi des auditeurs et des auditrices scrutent les audiences de cette justice si particulière où défilent, jour après jour, immigrés sans papier expulsés qui refusent d’embarquer à Blagnac, sous-prolétaires n’ayant pas la chance d’avoir un ami propriétaire d’un jet en Tunisie, petits larcins du quotidien…

Cette  justice se fait en notre nom à tous et toutes…

Les auditeurs et auditrices, outre une grille d’observation, sont invité-e-s à écrire aussi leurs impressions : une vision plus subjective et qualitative de cette justice-là…

Premiers résultats de l’Observatoire : en juin 2011.

 

[Pour joindre l'Observatoire des Comparutions Immédiates : mail = ocomi31@yahoo.fr]

 Je ne manquerai pas de publier ici quelques billets traduisant mes observations.

 

28/3/2011

 

Une affaire simple et complexe : le Prince arabe

.
Simple
, cet homme de 33 ans qui n’a pas osé venir au Tribunal ce jour là est marié avec cette française, née en 1949 présente à l’audience. Contre le droit, la Préfecture refuse de lui donner des papiers réguliers. Il est donc expulsé. Il refuse l’embarquement, menace de tout casser dans l’avion. Il est donc déféré au tribunal en février 2011. Un report est demandé. Offrant de bonnes garanties de représentation — il est marié — il reste libre.

La Préfecture devrait lui donner des papiers. Son expulsion n’a pas de sens. Si ce n’est grossir les statistiques du Ministère de l’intérieur dans sa campagne liberticide.

Il n’est pas venu au Tribunal, il a peur…

 

Et l’affaire est complexe.

Complexe car la conjointe a demandé le divorce, s’est plainte de violences conjugales, a écrit à la Préfecture pour dénoncer son mari.

Complexe car elle a retiré se demande de divorce. Explique que si elle a été battue, c’est de sa faute à elle, qu’elle l’avait poussé « à bout… » [sic], qu’elle a été manipulée par une avocate pour dénoncer son mari…

 

Simple car le rapport de gendarmerie dit que lui et elle ne vivent pas ensemble : « absence de communauté de vie », dit le rapport.

 

Complexe car que doit juger aujourd’hui ce tribunal ? Le refus d’expulsion vs l’illégalité de la Préfecture qui devrait lui donner des papiers ?

Oui ! la loi est la loi !

Mais complexe car comment ne pas aussi prendre en compte : le soupçon de « mariage gris » [évoqué par Madame La Procureure] ? La violence conjugale de cet homme ? Le discours de la conjointe sur la tentative de manipulation d’une avocate qui l’a poussées à dénoncer son mari à la Préfecture ?

A quand une vraie réflexion sur les violences masculines ?

 

 

Parfois, je suis heureux de ne pas être magistrat-e !

 

Le soir chez moi, j’ai vu sur Arte une émission qui témoignait de ces hommes (tous maghrébins dans le documentaire) qui tombent amoureux, se marient avec des femmes qui ont — enfin— trouvé « le Prince arabe » (1). Puis dès le mariage prononcé, parfois avec achat d’un bien en commun, ils disparaissent, ou partent revivre avec une nouvelle conjointe.

Les hommes évoquées sont jeunes. Les femmes qui sont interviewées sont… moins jeunes. Illustration du différentiel économique nord/sud qui oblige les jeunes hommes à quitter le Maghreb pour venir chercher de l’argent et du travail en France ? Des effets délétères des mythes amoureux que vivent ces femmes ? ([avant le mariage, lors de la rencontre] « il était charmant, amoureux. M’amenait le déjeuner au lit. Me disaient sans cesse : je t’aime » explique une de ces femmes). Ou illustration de l’exploitation sexuelle des garçons maghrébins par des femmes blanches âgées qui, comme des hommes, sont prêtes à payer pour qu’on leur dise « Je t’aime » ?

(1) émission : « Un prince venu d’Orient ? », Le 27 mars 2011 à 22h sur ARTE, (rediffusion mardi 29 mars 2011 à 3h35), Un film de Wibke Kämpfer, Production : KÄMPFER FILM, Allemagne 2011

 

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19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 06:00

En soutien aux 7 inculpé-e-s du Mirail

 

Le matin du 31 mars 2011, la décision de justice concernant les 7 inculpé-e-s de l'Université Toulouse II le Mirail a été rendue. 

-8 mois de sursis pour « coups et blessures », 

-6 mois et  4 mois

-2 mois de sursis pour « vol de denrées alimentaires en réunion »

-de lourdes amendes pour certain-e-s,

-une somme de plus de 21000 euros de dommages et intérêts pour  l'Université du Mirail,

-pour tou-te-s d'une  inscription au casier judiciaire entraînant de lourdes conséquences 

 

Et ce sans aucune preuve matérielle conséquente.

 La justice nous montre une fois de plus son vrai visage: une justice garante de la répression d'Etat , au service du patronat.  

 

Pour rappel, leur procès a eu lieu le jeudi 3 février 2011, au Tribunal de Grande Instance de Toulouse. Après des convocations au commissariat, sur plainte de la présidence de l'université Toulouse II le Mirail , sept étudiant-e-s ayant participé, parmi des milliers d'autres, au mouvement de lutte contre la LRU en 2009 ont été inculpé-e-s.

 

Du 2 février au mois de juin 2009, un important mouvement notamment contre la loi LRU (Libertés et Responsabilités des Universités) avait été mené par les personnels enseignant-e-s, chercheurs/euses, Biatoss et étudiant-e-s des universités de France, dont Toulouse II le Mirail. Plus de 4 mois de grève, des Assemblées Générales jusqu’à plus de 2500 personnes, de nombreuses manifestations et actions. Il s’agit d’une lutte d ’ampleur au niveau étudiant de par sa longueur et sa dureté.

 

Pour rappel, Valérie Pécresse, Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, avait, au moment des faits exigé que les « responsables » du mouvement étudiant soient  condamné-e-s à des peines exemplaires, cette volonté répressive s’est fait entendre   à travers les propos du procureur de la République, celui-ci ayant requis  des peines disproportionnées.

 

Ces réquisitions démontrent la volonté de l’Etat de faire de ce procès un exemple, et de casser toute lutte à venir. Le seul but est d’incriminer des acteurs et actrices de la lutte sociale, en s’acharnant sur les militant-e-s de classe. Cette attitude se place dans un cadre plus général de répression contre toutes celles et tous ceux qui ont lutté hier et luttent aujourd’hui. Partout l’arsenal répressif se durcit. Dans les usines, les entreprises, les quartiers populaires, les universités... Le gouvernement et le patronat affirment la même logique : la volonté de répondre aux contestations populaires par le déchaînement des forces répressives.


L’université du Mirail, quant à elle, avait demandé des dommages et intérêts injustifiés. Or, il s’est avéré que la présidence de l’université n’avait pas l’aval du Conseil d’Administration du Mirail pour porter plainte. Et cela, alors même que  la majorité des personnels de l’université avaient exprimé leur soutien aux étudiant-e-s inculpé-e-s, notamment par le vote à l’unanimité d’une motion de soutien au Conseil de la Vie Universitaire, réclamant entre autre le retrait des plaintes. La justice a décidé d'ignorer la requête des avocats de la défense pour l'annulation de la plainte de l'Université.

 

La lutte à l'Université du Mirail pour l’arrêt des poursuites à l’encontre des personnes mobilisées est le combat contre une politique répressive généralisée. La répression que subissent nos camarades est une déclaration de guerre adressée à toutes et tous ceux/celles qui n’ont pas renoncé à résister.  L'Etat et le patronat comptent sur notre isolement et notre désunion pour asseoir ses capacités d'attaque. Face à cela, il est nécessaire de réunir nos résistances et de faire vivre la solidarité. Nous ne les laisserons pas nous piétiner sans réagir, car nous ne connaissons que trop bien la logique du pouvoir : en criminaliser un-e pour en terroriser cent.

 

Face à cette logique, seule notre solidarité peut faire face. Ainsi,  la FSE et SUD Etudiant appelle tous ceux et celles (syndicats, organisations politiques, associations, individu-e-s…) qui luttent contre l’engrenage répressif à soutenir les inculpé-e-s du Mirail, ainsi que toutes les victimes de la répression, à travers  un investissement dans le Collectif Anti-répression de Toulouse et/ou de quelque manière que ce soit : soutiens financiers, soutiens politiques, événements médiatiques, rassemblements…

 

Le porte parole de l'AGET-FSE : Arnaud Dolidier : 06.72.26.26.38

et Roland Mamin pour SUD Etudiant Toulouse: 06.81.96.21.30     

 

 

 

Contact  : inculpees.du.mirail@gmail.com

 

les chèques de soutien aux 7 inculpé-e-s du Mirail sont à adresser à :

"à l'attention du CAJ", Canal SUD - 40 rue Alfred Dumeril - 31400 TOULOUSE, 

à l'odre de : AGET-FSE

 

 

 

Et pour en savoir plus sur le mouvement LRU à l'Université Toulouse Le-Mirail, écouter le document Sur les docks (France culture) consacré à cette grève :


http://friendfeed.com/radios-france/a5e6f27c/universite-de-toulouse-ii-le-mirail-premiere


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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 04:41

 

Depuis le 1er février 2011, la Ligue de Droits de l’Homme (LDH) de Toulouse, en lien avec quelques universitaires de l’UTM (Université Toulouse Le-Mirail)  a créé l’ « Observatoire des comparutions immédiates ». Tous les après-midi des auditeurs et des auditrices scrutent les audiences de cette justice si particulière où défilent, jour après jour, immigrés sans papier expulsés qui refusent d’embarquer à Blagnac, sous-prolétaires n’ayant pas la chance d’avoir un ami propriétaire d’un jet en Tunisie, petits larçins du quotidien…

Cette  justice se fait en notre nom à tous et toutes…

Les auditeurs et auditrices, outre une grille d’observation, sont invité-e-s à écrire aussi leurs impressions : une vision plus subjective et qualitative de cette justice-là…

Premiers résultats de l’Observatoire : en juin 2011.

 

[Pour joindre l'Observatoire des Comparutions Immédiates : mail = ocomi31@yahoo.fr]

 

Je ne manquerai pas de publier ici quelques billets traduisant mes observations.

 

 

 

31/1/2011

Observatoire des comparutions immédiates

JDT [journal de terrain] DWL

 

Le tribunal comme miroir social des jeux de pouvoir entre hommes

 

Autant, je vais te rattraper, te buter… est une menace…

En quoi : « Vas te faire enculer », « Fils de pute » sont des insultes ?

Pourquoi assimiler un grand plaisir comme la sodomie à une insulte ? Imagine t’on porter plainte contre quelqu’un qui aurait dit « Pars en vacances en Grèce et prends du plaisir ! »

En quoi être fils ou fille de travailleuse du sexe est une insulte ? La constitution ne garantit-elle pas l’égalité de tous et toutes, quelles que soient nos origines, nos métiers ?

 

Sur la scène du tribunal ce jour-là : des hommes ! Seule une greffière et une avocate viennent troubler l’Ordre masculin hétéronormatif ! Des hommes en arme (gendarmes) viennent demander réparation parce qu’un homme ordinaire, prénommé Abdel (donc un garçon peut-être supposé venir de l’ailleurs) armé d’un jouet d’arme en plastique [bref, un homme qui joue à l’Homme], les a insultés. Un vrai homme cet Abdel. Il aime boire et montrer alors sa virilité, menacer, mettre la vie d’autres hommes en danger. Seule la sagacité du gendarme qui s’est écarté a pu lui éviter des traumatismes physiques lorsque Abdel a refusé de s’arrêter au barrage mis en place pour le contrôler.

 

Un homme, détenu ce jour-là, qui de récidive en récidive, joue à l’homme en assimilant sa voiture à une arme : « Si j’avais ma porche, j’aurais éclaté votre voiture ». Un garçon que l’on ressent comme violent. Un homme qui aurait besoin d’être aidé pour quitter ces habits de la virilité. Que lui propose t’on ? Un stage de deux ans de redressement dans ce segment si particulier de la maison-des-hommes qu’est la prison. Ce lieu où l’ordre viril règne, régule les relations. Que va t’il comprendre ? Que les hommes en armes sont, ce jour là, les plus forts !

 

Et trois gendarmes, 4 magistrats, auront validé ce jour-là l’ordre homophobe où la sodomie est considérée par les mâles, les vrais, comme un mal absolu.

 

 

 

 

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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 04:15

 

 

 

Les présentations publiques se dérouleront  :

 

- Québec, Jeudi 10 mars, 17h30Salle / Room 1550, (Boudoir) lors du :

Colloque international Perspectives futures en intervention, politique et recherche sur les hommes et les masculinités, 9, 10 et 11 mars 2011, Université Laval, Québec (Qc), Canada.

 

- le Mercredi 6 avril à la Librairie Ombre Blanche (Toulouse) à 18 heures.

Débat animé par Chantal Zaouche et Daniel Welzer-Lang

 

 

Masculinites couv.+2

 

La 4ème de couverture

 

Premier état des lieux des études de genre sur les « masculinités », cet ouvrage a pour but de construire un référentiel commun aux différentes disci- plines de sciences humaines et sociales.


Historien, psychologues, psychanalyste, sociologues, musicologue, géographe, spécialistes de l’art et des sciences de l’éducation, philosophe, linguiste abor- dent ainsi de vastes domaines des vies masculines : sexualité, vie scolaire, loisirs, musiques urbaines, paternité, homoparentalité, violence, prison, guerre, sui- cide, art, etc. Ils questionnent l’avenir des relations homme/femme dans notre société en transition rapide et abordent concrètement certains changements masculins, mais aussi certaines résistances masculines au changement.


Cet ouvrage, qui rassemble la plupart des chercheurs francophones sur ce sujet, constitue un outil et une ressource indispensables pour tous les professionnels du social, de la culture, les pédagogues, les enseignants, les élus, les chercheurs, qui travaillent ou veulent travailler sur ou avec les hommes. Il interrogera peut-être celles et ceux qui confondent critiques sociales et ontologie du masculin, celles et ceux qui ne veulent ou ne peuvent imaginer les hommes que comme un groupe (ou une classe) incapable de s’adapter aux nouvelles donnes du genre créées par des mouvements sociaux très divers (auxquels ont d’ailleurs toujours participé des hommes), celles et ceux qui réduisent le masculin à ses fondements violents et sexistes ou encore à l’étiquette erronée de masculiniste (terme aujourd’hui utilisé pour décrire et dénoncer les analyses et les actions d’hommes s’opposant à l’égalité de genre, en particulier aux féministes).
Daniel Welzer-Lang, sociologue, professeur en étude de genre à l’université Toulouse 2-Le Mirail, est un spécialiste international des hommes et du masculin, des sexualités et des violences. Chantal Zaouche Gaudron est professeure en psychologie du développement à l’université Toulouse 2-Le Mirail. Depuis une quinzaine d’années, ses objets d’étude concernent la construction du genre et les conduites sociales et/ou sexuées de l’enfant au sein des différentes formes de familles et/ou dans différents milieux et contextes de vie.


Avec la participation de : Pierre Ancet, Sylvie Ayral, Sylvie Bourdet-Loubère, Jérôme Carrié, Christine Castelain-Meunier, Annie Devault, Emmanuel Gratton, Thomas Guenichon, Serge Hefez, Françoise Hopker-Azemar, Bernard Lafargue, Michel Lehmann, Henri Le Prieult, Marc Perrenoud, Jean-Michel Pugnière, Yves Raibaud, André Rauch, Véronique Rouyer, Nadège Séverac, Gilles Tremblay.

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28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 05:36

FL+Maire

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(à faire circuler)

SERGE PEY

DANIEL  WELZER-LANG

 

HALTE A l’apartheid !

Adresse à nos collègues universitaires de Toulouse

redo Lievy dans son mobil-home de Frouzins./Photo DDM, Michel Viala

Fredo Lievy dans son mobil-home de Frouzins./Photo DDM, Michel Viala

 Il faisait froid ce vendredi. Froid dû à la température, et au vent violent qui balayait cette place de mairie sans âme, et sans café, qui se trouve devant l’Hôtel de Ville de Frouzins. Froid aussi dans nos chaires d’observer in vivo le mépris de dignitaires qui osent se proclamer socialistes face aux familles roms.

Lui s’appelle Frédéric Liévy dit Fredo, un militant associatif, un compagnon de route des luttes écolos, un « nomade sédentarisé » comme on dit dans la Presse. Lui est venu la veille à la conférence sur les roms et autres voyageurs organisée par la Ligue de Droits de l’Homme et le LISST-CNRS la veille à Toulouse. Lui, modeste, n’a même pas ce jour-là osé évoqué son cas. Modeste, Fredo, modeste et généreux. « Bien sûr, a t’il dit ce jour là suite à une question, il ya des intellectuels chez les roms, encore faut-il les écouter, les entendre ! ». en nous annonçant la reconnaissance du génocide par l’Europe.

En face, ce vendredi après-midi, le Maire, Monsieur Alain Bertrand, et quelques élu-e-s. Il vient expliquer son point de vue aux quelques petites dizaines d’associatifs mobilisé-e-s ce vendredi après-midi pour soutenir Fredo, sa famille et tous ceux, toutes celles, roms ou non, qui décident de vivre autrement que le Maire de Frouzins. Lui réfute le fait qu’il anticipe la loi LOPSSI II, liberticide, en voulant exclure ceux, celles qui vivent dans des habitats légers, des caravanes ou autres.

L’affaire sera jugée le 22 février au tribunal.

Frédo Liévy a-t-il le droit d’élever ses poules à Frouzins ?  Drôle de société qui interdit  d’élever des poules à la campagne, sur une terre traditionnellement agricole. Drôle de société qui interdit de vivre à une famille sur ses terres.

  « La députée européenne Catherine Grèze vient d'alerter le préfet. Jean-Marc Huyghe, président du SIENNAT, le syndicat intercommunal pour l'étude et l'accueil des nomades de l'agglomération toulousaine, qui rassemble 85 communes dont Frouzins a proposé sa médiation » dit La Dépèche.

http://www.ladepeche.fr/article/2011/01/17/991244-Frouzins-Menace-sur-le-nomade-devenu-eleveur.html

 

« On aimerait savoir ce qu’en pense Monsieur Izard » disent beaucoup gens ce jour là (Alain Bertrand est Vice-président de la Commission Permanente).

Tous les socialistes demanderont-ils l’expulsion des roms de leurs communes ? On ne peut l’imaginer.

Il nous semblait pourtant que les positions du Parti Socialiste étaient plus humanistes  intelligentes et ouvertes que celle du maire de Frouzins.

 

 

Devant nous Fredo explique sa position face au Maire.

Il vouvoie le Maire, explique, réexplique. Rien n’y fait.

Le maire s’adresse à Frédo : « Liévy… Tu peux… » « Liévy, tu sais que… ». « On se connaît depuis 15 ans « dit-il, et de parler des gens du voyages, du « camp »… (il rectifie) « de l’aire » des gens du voyage… ».

« Il enrichit le village » dit un manifestant ». Le maire méprisant répond  « pfff…. Il enrichit les poules, oui ! »

Il fait froid, très froid. Surtout dans nos cœurs. Nous avons l’impression d’assister à une discussion d’un autre âge. D’un coté les représentant d’une caste supérieure et en face un intouchable ou un paria.

D’un côté des élu-e-s, certains plus sûrs que d’autres dans leur volonté d’expulser les roms et autres voyageurs.

De l’autre des hommes, des femmes d’éthique qui luttent pour les principes républicains. Des gens qui s’indignent, se révoltent contre l’arbitraire des castes dominantes  et des élu-e-s qui osent dire qu’ils représentent le Peuple.

Ce jour-là à Frouzins, nous aurions pu être en Inde ou dans l’Afrique du sud de l’apartheid.

Mépris du verbe. Mépris du geste. Mépris des « bien nés » face à ceux que l’on classe dans les minorités, les délinquants, les voleurs de poules.

Sauf que là, c’est Frédo Leivy qui est éleveur de poules est aussi le messager du peuple des gens du voyage.  Un responsable , une conscience politique dont la famille avec celle de ses compagnons voyageurs, roms et gitans a fait les frais des camps de concentration dans une époque que l’on croit révolue.

Fredo Leyvi est propriétaire du terrain sur lequel il vit et travaille comme agriculteur.

Citons le journal internet de Frouzins : « Ce micro territoire isolé au milieu des champs abrite les quatre petits poulaillers de bois, le hangar et la petite pièce d'accueil de l'exploitation agricole, ainsi que le mobile home, la caravane, et les wc salle de bain de la famille.

Bref une petite ferme proprette avec des bordures de parterre peintes en blanc… Fière de sa sédentarisation réussie et choisie, la famille est d'ailleurs connue des Toulousains à travers le clip « Un terrain pour ma famille », diffusé sur TLT.

Mais à Frouzins, le maire, a choisi de faire appliquer le code de l'urbanisme et les arrêtés municipaux à ces manouches sédentaires qui demandent juste l'autorisation de se construire un chalet pour continuer à vivre leur vie sans renier la culture de leurs ancêtres.

 Résultat : trois permis de construire refusés sur la base d'un arrêté municipal et d'un avis défavorable de la chambre d'agriculture de la Haute-Garonne qui juge l'exploitation trop petite pour être viable. Le 22 février, l'affaire reviendra devant le tribunal correctionnel de Toulouse qui devra dire si les Liévy peuvent continuer à vivre sur leur petit domaine, où s'ils doivent tout démolir et quitter les lieux. »

 

La vérité sous-jacente de cette agression est qu’il n’est pas bon avoir un « gitan » à deux cent mètres d’un nouveau lotissement en fin de construction n’est pas bon pour le « paraître » des propriétaires.

 

Nous appelons l’ensemble de nos collègues universitaire à réagir auprès des autorités et des partis politiques et à soutenir, par tous les moyens Frédo Léyvi, « gitan », messager des gens du voyage et ancien candidat d’Europe écologie aux Européennes de 2009.

Moblisons-nous afin que le maire de Frouzins ne fasse pas détruire la  maison de bois et l’exploitation  de la famille de Frédo Léyvi au milieu de sa propriété.

Nous sommes tous des gens du voyage !

Solidarité avec la famille Frédo Léyvi !

Serge Pey, maître de conférence, CIAM

& Daniel Welzer-Lang professeur de sociologie, UTM

(photos : emilie fernandez efmphoto@hotmail.fr

 

 

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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 10:53

et aussi :

 

http://www.multisexualites-et-sida.org/

 

http://traboules.org/

 

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3 mars 2010 3 03 /03 /mars /2010 03:52
CV DE Daniel WELZER-LANG
(à peu près à jour)

 

WELZER-LANG Daniel,

Mail : dwl@univ-tlse2.fr

 

Fonctions actuelles :

 

Professeur de Sociologie, à l'Institut de Sciences Sociales Raymond-Ledrut (département de Sociologie) –Université Toulouse-Le Mirail depuis 2004.

 

Membre  du Centre d'etudes des rationalites et des savoirs (Cers), UMR 5193, Laboratoire Interdisciplinaire Solidarités, Sociétés, Territoires (LISST) depuis 2003.

Co-responsable de l’axe « Genre, migrations, marginalités »

 

Responsable du M1 de sociologie

Président du Collège scientifique spécialisé de sociologie (section 19), depuis 2009.

 

Titres universitaires français :

 

Doctorat de sociologie et sciences sociales, 1990.

 

L'Homme au masculin – approche anthropologique de la violence masculine domestique –, sous la direction de François Laplantine.

 

Habilitation à Diriger les Recherches, mai 1999.

 

Et les hommes ? Etudier les hommes pour comprendre les changements des rapports sociaux de sexe.

Autres responsabilités :

Membre de l'AISLF (Association Internationale des Sociologues de Langue Française).

 

Co-responsable du RT n° 39 Identité - subjectivité - revendication - changement social, Association Française de Sociologues (A.F.S.).

 

Co-responsable du séminaire de l’Ecole Doctorale : Les hommes et le masculin, depuis 2005.

 

 

Ouvrages

 

1988 : Le Viol au Masculin, Paris, l'Harmattan.

1991 : Les Hommes violents, Paris, Lierre et Coudrier.

Réédition en 1996 par les éditions Côté femmes, Paris.

3ème réédition 2005, Petite collection Payot, Paris

1992 : Arrête, tu me fais mal…, Montréal, Paris, éditions Le Jour, VLB. 2ème réédition 2005, Petite collection Payot, Paris.

Traduit en espagnol : 2007 : La violencia domestica a traves de 60 preguntas y 59 respuestas, Madrid, El libro de bolsillo, Alianza Editorial.

1993 : Les Hommes à la conquête de l'espace domestique, Montréal, Paris, Le Jour, VLB (avec Jean-Paul Filiod).

1994 : Prostitution, les uns, les unes et les autres, Paris, Anne-Marie Métaillé (avec Lilian Mathieu et Odette Barbosa).

1996 : Sexualités et Violences en prison, ces abus qu'on dit sexuels en milieu carcéral, Observatoire International des Prisons, Lyon, éditions Aléas (avec Lilian Mathieu et Michaël Faure).

1998 : Violence et masculinité, Montpellier, éditions Scrupules (avec David Jackson).

2000 : Un mouvement gai dans la lutte contre le sida : les Sœurs de la Perpétuelle Indulgence, Paris, l'Harmattan, coll. « logiques sociales » (avec Jean-Yves Le Talec et Sylvie Tomolillo).

2004 :  Les hommes aussi changent, Paris, Payot.

Traduit en italien en 2006 : Maschi E altri maschi, Gli uomini e la sessualità, Torino (Italie), Giulio Einaudi editore.

2005 : La planète échangiste : les sexualités collectives en France, Paris, Payot .

2007 : Utopies conjugales, Paris, Payot.

 2008 : Les hommes et le masculin, manuel de cours, Paris, Petite collection, Payot.

 2009 : Nous les mecs, essai sur le trouble actuel des hommes, Paris, Payot.

 

 

Ouvrages dirigés

1992 : Des Hommes et du Masculin (avec Jean-Paul Filiod), Aix-en-Provence, université de Provence - CREA, université Lumière Lyon 2, CEFUP, Presses Universitaires de Lyon, (Bulletin d'informations et d'études féminines, n.s.).

1994 : La Peur de l'autre en soi, du sexisme à l'homophobie, Montréal, VLB (ouvrage collectif coordonné avec Pierre Dutey et Michel Dorais).

1996 : Les Faits du logis : épistémologie et socio-analyse de la condition de l'opérateur, Lyon, éditions Aléas (avec Laurette Wittner).

1999 : Prostitution et santé communautaire, essai critique sur la parité, Lyon, éditions Le Dragon Lune (avec Martine Schutz Sanson).

2000 : Nouvelles approches des hommes et du masculin, Toulouse, Presses Universitaires du Mirail, coll. « féminin & masculin ».

2003 : Genre et sexualités, Paris, L’Harmattan, (avec Gérard Ignasse).

2005 : Les hommes : entre résistances et changements, Lyon, éditions Aléas (avec Yannick Le Quentrec, Martine Corbière, Anastasia Meidani).

 

 •2011 : MasculinitéS : état des lieux, Toulouse, Eres (Avec Chantal Zaouche) .

 

 

Actes de colloques, de séminaires

1998 : Entre commerce du sexe et utopies : l'échangisme, Actes du premier séminaire européen sur l'échangisme, Toulouse, Mars 1998, université Toulouse-Le Mirail, département de Sociologie (Université de Barcelone), département d'Anthropologie sociale et Philosophie, Universitat Rovira i Virgili (Tarragone).

2005 : Les hommes en changements, Actes du séminaire européen sur les résistances masculines aux changements (Toulouse, les 20-21 février 2004), Université Toulouse Le-Mirail, Département de sociologie, Aléas (avec Yannick Le Quentrec, Martine Corbière, Anastasia Meidani, Sophie Piorro)..

2007 : Des hommes et du masculin, Etudes et travaux de l’Ecole doctorale TECS, Université Toulouse Le Mirail (avec Chantal Zaouche-Gaudron).

2009 : Des hommes et du masculin II , Etudes et travaux de l’Ecole doctorale TECS, Université Toulouse Le Mirail (avec Chantal Zaouche-Gaudron).

 

 

 

Articles et autres publications

 

1992 :

•« Les Etudes ou écrits sur les hommes ou le masculin en France » et « Le Double standard asymétrique », in Welzer-Lang Daniel, Filiod Jean-Paul (dir.), Des Hommes et du Masculin, Aix-en-Provence, université de Provence - Lyon, université de Lyon 2, CEFUP, Presses Universitaires de Lyon (Bulletin d'informations et d'études féminines, n.s.), 1992, pp. 13-23, 127-146.

•« La Violence masculine domestique et les hommes violents », in Clerget Joël et Marie-Pierre (dir.), Places du père, violence et paternité, Champs, Presses Universitaires de Lyon, 1992, pp. 95-103.

•« Tes désirs font désordre, sexes et symboliques dans l'espace domestique », (avec Jean-Paul Filiod), in Segaud M. (dir.), Le Propre de la ville, Paris, éditions de l'espace européen, 1992.

•« La Saga des squatters de la Croix Rousse de Lyon, la violence du changement dans la ville », in Annales de la Recherche Urbaine, 74-75, mars 1992 (diffusion novembre 1992), pp. 75-84.

•« L'Emergence du masculin dans l'espace domestique » (avec Jean-Paul Filiod), in Piché Denise, Despres Carole (dir.), Architecture et comportements (Architecture and behavior), Genève, juin 1992, 8, 2, pp. 159-180.

•« Analyse anthropologique de la violence domestique et interventions sociales », in Revue européenne des sciences sociales, Genève, XXX, 94, 1992, pp. 131-133.

•« Les Nouveaux territoires de la prostitution lyonnaise », Lyon, CREA - Agence Française de Lutte contre le Sida, université Lumière Lyon 2, 1992, 125 p. (ronéoté).

 

1993 :

•« L'Espace domestique en contrats : des hommes en changements » (avec Jean-Paul Filiod), in Segaud (dir.), Evolutions des modes de vie et architectures du logement, Plan Construction et Architecture, Cahiers de recherches n° 42, 1993, pp. 37-44.

•« Les Hommes à l'épreuve du désordre : approche anthropologique de la sexuation de l'espace domestique » (avec Jean-Paul Filiod), in Dialogue 121, L'Enigme du sexuel, 1993, pp. 82-94.

 

1994 :

L'Homophobie : premières déconstructions (avec Dutey P., Dorais M.), Lyon, CREA, université Lyon 2, Agence Nationale de Recherches sur le Sida, février 1994, 209 p. (ronéoté).

Les Etudiants de banlieue : repaires sans repères (avec Laurette Wittner), CREA, université Lyon 2, Ministère de l'Equipement, du Logement, des Transports et de l'Espace, mars 1994, 185 p. (ronéoté).

•« Le Logement étudiant en banlieue : repaires sans repères » (avec Laurette Wittner), in Les Annales de la Recherche Urbaine, n° 62-63, pp. 244-251 .

Minitel Rose : le cybersexe à la française ? Approche anthropologique de la « sexualité machine » à l'ère du sida (avec Sandrine Durand), CREA, université Lyon 2, Agence Nationale de Recherches sur le Sida, juillet 1994, 165 p. (ronéoté).

Les Abus sexuels en prison (avec Lilian Mathieu), rapport intermédiaire, CREA, université Lyon 2, Agence Française de Lutte contre le Sida (AFLS), Mission Interministérielle Recherche Expérimentation (MIRE), décembre 1994, 62 p. (ronéoté).

Sur la planète échangiste, CREA, université Lyon 2, Agence Française de Lutte contre le Sida (AFLS), décembre 1994, 54 p. (ronéoté).

Rites de rencontres des gais au temps du sida, sociologie des établissements gais (avec Pierre-Jean Dutey), CREA, université Lyon 2, Agence Française de Lutte contre le Sida (AFLS), décembre 1994, 215 p. (ronéoté).

•« L'Homophobie, la face cachée du masculin », in Welzer-Lang D., Dutey P-J., Dorais M. (dir.), La Peur de l'autre en soi, du sexisme à l'homophobie, Montréal, VLB, pp. 13-92.

 

 

 

1995 :

•« Annuaire prostitution, bilan des recherches action sur la prostitution, 1990-1995 », Division Sida, Ministère de la Santé, février 1995, 72 p.

•« Des transgenders, le brouillage des identités sur le marché de la prostitution » (avec Lilian Mathieu), in Revue Sexologique, Montréal, vol. 2, automne 1994, pp. 141-156.

•« Poétique et imaginaire de la ville contemporaine » (avec Laurette Wittner), in Théologiques, symboliques urbaines et foi chrétienne, vol. 3, pp. 27-41.

•« Les Transgenders, ou comment classer l'inclassable ? », in Quels Corps ? Constructions sexuelles, n° 47-48-49, avril 1995, pp. 181-192.

•« Et l'autonomie des hommes ? », in Charte européenne des femmes dans la cité, vers un droit à la cité pour les femmes, Eurocultures (Bruxelles), Commission des communautés européennes, 1995, pp. 257-260.

•« Les Transgressions des définitions sociales de la masculinité », in EPHESIA, La Place des femmes, les enjeux de l'égalité au regard des sciences sociales, Paris, La Découverte, 1995, pp. 447-452.

Ethnographie du Cap d'Agde Naturiste : prolégomènes à la mise en place de la prévention sida, Lyon, Les Traboules, Division Sida, Ministère de la Santé, Agence Nationale de Recherche sur le Sida, octobre 1995, 122 p.

•« Penser l'articulation entre recherches et prévention : l'expérience lyonnaise », in Bajos Nathalie, Bozon Michel, Giami Alain, Doré Véronique, Souteyrand Yves (dir.), Sexualité et sida, Recherches en sciences sociales, Paris, ANRS, coll « sciences sociales et sida », 1995, pp. 323-332.

 

1996 :

Les Abus dits sexuels en prison, étude sur un espace de la maison-des-hommes (avec Lilian Mathieu, Michaël Faure), Paris, Toulouse, GEDISST-CNRS, Equipe Simone, Rapport de recherche pour la MIRE et l'AFLS, 1996.

Le Logement des personnes prostituées (avec Laurette Wittner, Jean-Marc Beylot), rapport final, Lyon, Les Traboules, Ministère des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville, Arcat-sida, mai 1996, 71 p.

•« Un oubli de la sociologie de la famille : les violences faites aux femmes », in Panoramiques, n° 25, 2e trimestre 1996, pp. 76-79.

•« Le Logement des prostitué(e)s » (avec Laurette Wittner ), in Echanges santé social, n° 81, mars 1996, pp. 67-70.

Données ethnographiques du Cap d'Agde Naturiste et de la mise en place de la prévention sida chez les « naturistes/libertin-e-s », Opération été 1996, Toulouse, Equipe Simone, université Toulouse-Le Mirail, Les Traboules, 1996, 130 p.

•« Conditions de vie des personnes prostituées : conséquences sur la prévention 29 de l'infection à VIH », in Revue épidémiologique et Santé Publique (avec A. Serre, M. Schutz-Sanson, C. Cabral, F. Martin, R. Hardy, O. De Aquino, P. Vinsonneau, M. Arnaudies, F. Fierro, L. Mathieu, S. Pryen, I. De Vicenzi), Paris, Masson, n° 44, 1996, pp. 407-416.

•« Violences et constructions sociales de la masculinité : homophobie et adolescence », in Rey Caroline (dir.), Les Adolescents face à la violence, Paris, Syros, coll. « Alternatives sociales », 1996, pp. 137-162.

Mise en place de la prévention sida en milieu échangiste, rapport de recherche, équipe Simone, université Toulouse-Le Mirail, 1996, 200 p.

 

1997 :

•« Penser les sexualités en prisons », in Quasimodo, n° 2, 1997, pp. 17-20.

•« Effets de l'incarcération sur le corps et l'estime de soi » (avec Lilian Mathieu), in Quasimodo, n° 2, 1997, pp. 21-25.

•« Violences et sexualités en prison, les abus dits sexuels en milieu carcéral » (avec Lilian Mathieu), in Revue française des affaires sociales, n° 1, janv-mars 1997, pp. 201-212.

•« Abus dits sexuels et structuration des pouvoirs en milieu carcéral », in Prévenir, n° 32, 1997, vol. 2, pp. 151-157.

•« Les Hommes : une longue marche vers l'autonomie », in Les Temps modernes, n° 593, avril-mai 1997, pp. 199-218.  

La Gestion polygame du désir : l'échangisme, entre commerce du sexe et utopies, Rapport à l'Agence Nationale de Recherche sur le Sida et à la Commission Européenne (DGV), équipe Simone, université Toulouse-Le Mirail, 1997, 813 p.

 

1998 :

•« Les Violences masculines domestiques : un oubli de la sociologie de la famille », in Fine Agnès (dir.), A chacun sa famille : approche pluridisciplinaire, Toulouse, Editions Universitaires du Sud, 1998, pp. 97-113.

•« Viols et violences masculines : faire le point » et « La “planète échangiste” à travers ses petites annonces », in Panoramique, le cœur, le sexe et toi et moi…, 1998, pp. 88-95 et pp. 111-123.

•« Les Abus dits sexuels en prison : une affaire d'hommes », in Les Cahiers de la sécurité intérieure, Prisons et société, les conditions de la détention, n° 31, 1998, IHESI, pp. 211-228.

•« Comprendre l'homophobie », in Les Cahiers de l'adolescence, n° 16, mai-juin 1998, pp. 13-14.

•« Déconstruire le masculin : problèmes épistémologiques », in Sohn Anne-Marie, Thélamon Françoise, L'Histoire sans les femmes est-elle possible ?, Paris, Perrin, 1998, pp. 291-303.

•« Comment étudier les sexualités masculines ? », in Journal de l'ANRS, Journal du sida, Transcriptase, numéro spécial XIIe Conférence Internationale sur le Sida, 1998, pp. 20-21.

 

1999 :

•« Travailler ensemble entre hommes et femmes : émergence de la question et questions de méthodes », in Dagenais Huguette, Devreux Anne-Marie (dir.), Ils changent disent-ils, numéro commun, Nouvelles Questions Féministes (France) et Recherche féministe (Québec), vol. 19, numéro 2-3-4, 1999, vol. 11, numéro 2, 1999, pp. 71-100.

Les Sœurs de la Perpétuelle Indulgence, contribution socio-ethnographique à l'histoire du sida (avec Jean-Yves Le Talec, Sylvie Tomolillo), rapport à l'ANRS, université Toulouse-Le Mirail, équipe Simone-SAGESSE, 1999.

La Raison d'Etat aux dépends des femmes. Premier bilan de la recherche sur les violences faites aux femmes, et le « trafic » des femmes autour des légionnaires à Castelnaudary (France), Rapport à la Commission Européenne (Programme Daphnée), Research Center on Violence, Abuse and Gender Relations (Leeds, Angleterre), université Toulouse-Le Mirail, équipe Simone-SAGESSE, 1999.

•« Déconstruire le masculin, problèmes épistémologiques », in Travailler. Revue internationale de psychopathologie et de psychodynamique du travail, n° 3, 1999, CNAM, pp. 55-71.

•« Discussion : les hommes et le travail », in Ferrand Michèle, Mary Catherine (dir.), Marché du travail et genre (gdr mage-cnrs), Actes des journées d'études organisées par le GDR-MAGE sous la direction de Jacqueline Laufer et Catherine Mary, 1999, pp. 110-119.

 

 

2000 :

•« Introduction : les hommes en débats » et « Pour une approche proféministe non homophobe des hommes et du masculin », in Welzer-Lang D. (dir.), Nouvelles approches des hommes et du masculin, Toulouse, Presses Universitaires du Mirail, coll. « Féminin & masculin », 2000, pp. 11-36 et 109-138.

•« Féminité, masculinité, virilité » (avec Pascale Molinier), in Hirata Héléna, Laborie Françoise, Le Douaré Hélène, Senotier Danièle (dir.), Dictionnaire critique du féminisme, Presses Universitaires de France, 2000, pp. 71-76.

•« Proféminisme et analyse de l'homophobie », in Reverso, Revista de estudios lesbianos, gays, bisexuals, transexuales, transgénero, Madrid, vol. 1, n° 1, 2000, pp. 53-74.

Developing Best Professional Practice for Reducing Violence ans Trafficking in Militarised Areas of Peacetime Europe, Resarch Center on Violence, Abuse and Gender Relation,  Développer un meilleur comportement professionnel pour réduire les sévices sexuels, la violence domestique et la traite des femmes dans les zones militarisées d'Europe en temps de paix  (avec Catherine Euler), Leeds (UK), Equpe Simone, université Toulouse-Le Mirail, 2000, 160p. (ronéoté).

•« Les Catégories pour penser les sexualités », in Membrado M., Rieu A. (dir.), Sexes, espace et corps, de la catégorisation du genre, Toulouse, Editions Universitaires du Sud, 2000, pp. 223-236.  

 

2001 :

« L'Echangisme : une multisexualité commerciale à forte domination masculine », in Bozon Michel (dir.), Sociétés contemporaines, n° 41-42, 2001, pp. 111-131.

•« Les Bi masculins : le placard et l'invisibilité épistémologique, obstacles à la prévention », rapport à la Division Sida/Direction Générale de la Santé, 2001, 70 p.

•« Utopies, dépassement des genres et de la domination masculine », in de Bellefond Renaud, Michels David, Pucciarelli Mimmo (dir.), L'Anarchisme a-t-il un avenir ? Histoires de femmes, d'hommes et de leurs imaginaires, Lyon, ACL, 2001, pp. 475-486.

•« Le Trafic des femmes autour des légionnaires de Castelnaudary », in Le Fil d'Ariane, colloque national : Les Violences à l'encontre des femmes et le droit en France, université Paris VIII, Cahiers du CEME, automne 2001, pp. 47-54.

 

2002 :

•« A construção do masculino : dominação das mulheres e homofobia », Revista de estudos feministas (Brésil), vol. 9, n° 2, 2002, pp. 460-482.

•« Virilité et virilisme dans les quartiers populaires en France », in VEI enjeux, villes, école, intégration, Centre National de Documentation Pédagogique, n° 128, mars 2002, pp 10-32.

•« L'Implication des hommes dans les combats antisexistes », in Actes de la 1re  université d'été, 14-15-16 septembre 2001, Paris, Fédération Nationale Solidarité Femmes, pp. 49-56.

•« Pour une charte éthique des rapports entre chercheur-e-s et mouvements sociaux », in Rodeville Mireille (dir.), Aspasie, 20 ans, Plaquette anniversaire de l'association ASPASIE, Genève, 2002, pp. 17-18.

•« Etudier les hommes et les rapports sociaux de sexe : où sont les problèmes ? », in Nicky Le Feuvre (dir.), UTINAM, Le genre : de la catégorisation du sexe, Paris, l'Harmattan, 2002, pp. 289-312.

•« La Crisis de las masculinidades entre cuestionamientos feministas y critica contra el heterosexismo/Maskulinota-sunen krisiak : zalantzan jartze feministen eta heterosexismo-aren kontrako kritiken artean », in Congreso International Los hombres ante el nuevo orden social, Vittoria, EMAKUNDE, Institut vasco de la mujer, 2002, pp. 53-76.

Quand le sexe travaille…, Rapport européen inachevé sur les violences faites aux femmes dans les activités et métiers liés à la sexualité masculine (avec Saloua Chaker), université Toulouse-Le Mirail, association Les Traboules, Octobre 2002, 293 pages.

•« Crise de la virilité et nouveaux attributs masculins », in Parcours, les cahiers du GREP Midi-Pyrénées, n° 25-26, 2002, pp. 247-292.

•« L'Autre face des rapports sociaux de sexe : les constructions sociales de la masculinité », in Un avenir différent, la construction psycho-sociale de l'identité et ses répercussions sur le choix professionnel, Lausanne, association suisse pour l'orientation scolaire et professionnelle, 2002, pp. 29-47.

Jeunes filles des quartiers : prolégomènes d'une sociologie compréhensive, (avec Horia Kebabza), Rapport intermédiaire à la Délégation Interministérielle à la Ville dans le cadre de l'appel d'offre « Analyse des phénomènes de regroupements de jeunes dans les quartiers populaires », équipe Simone-SAGESSE, université Toulouse-Le Mirail, 2002, 80 p.

•« Quand le sexe travaille ou une loi peut en cacher une autre », in Travailler, n° 9, 2002, pp. 207-222.

•« Les Jeunes et la sexualité dans les cités », in Lien Social, n° 645, 2002, pp. 14-15.

 

2003 :

•« Changer les hommes ? », in No pasaran, antipatriarcat, hors série n° 2, 2003, pp. 40-43.

•« Virilisme : la dérive des citées », in TDC, Textes et documents pour la classe, Centre National de Recherche Pédagogique, n° 848, janvier 2003, pp. 18-21.

Les Bi masculins : le placard et l’invisibilité épistémologique, obstacles à la prévention (avec Sylvie Tomolillo, Catherine Deschamps), rapport final à l’ANRS (Agence Nationale de Recherche sur le Sida), Division Sida de la Direction Générale de la Santé, et Ensemble Contre le sida, 2003, 194 p.

AIDES Action Femmes Toulouse, Femmes et VIH-SIDA, Evaluation du dispositif, juillet 2002 - janvier 2003 (avec Horia Kebabza), 22 p.

•« La Prostitution masculine », in Eribon Didier (dir.), Dictionnaire des cultures gays et lesbiennes, Paris, Larousse, p. 382.

•«  Elaborer de nouvelles formes de transversalité » in Harvey Robert, Le Brun-Cordier (dir), Rue Descartes, Queer : repenser les identités, Revue du Collège International de Philosophie, n° 40, PUF, ( avec Sylvie Tomolillo), pp 66-70.

•« Les hommes et le porno, la nouvelle pornographie comme résistance masculine aux changements » in Cités,  Politiques de la pornographie, Paris, PUF, pp 131-139.

« Jeunes filles et garçons des quartiers : Une approche des injonctions de genre », Rapport GIP Justice et Délégation interministérielle à la Ville, dans le cadre de l'appel d'offres : « Analyse des phénomènes de regroupements de jeunes dans les quartiers populaires, Septembre 2003 (avec Horia KEBABZA)

•« La question des hommes violents après l’enquête ENVEFF » in actes de la 2e université d’été, Fédération nationale solidarité femmes (FNSF), pp 29-32.

•« Les rapports sexuels et affectifs des jeunes dans les quartiers de la politique de la ville » in Les relations hommes-femmes dans les quartiers de la politique de la ville, actes du séminaire du 27 février 2003, Paris, Délégation interministérielle ) la ville, pp 31-41.

•« Genre et sexualités : un champ en co-construction » in Ignasse G., Welzer-Lang D (dir), Genre et sexualités,  Paris, L’harmattan, 2003, pp 227-237.

 

2004

•« Hot line, quand le sexe travail » in Les Temps modernes  n° 626, pp 161-190. (avec Saloua Chaker).

« Commerce du sexe et sexualités récréatives » In Marquet Jacques (dir), Normes et conduites sexuelles, approches sociologiques et ouvertures pluridisciplinaires, Louvain-La-Neuve, Bruylant-Academia, pp 139-143.

•Welzer-Lang Daniel (dir), Le Quentrec Yannick, Corbière Martine, Meidani Anita, Pioro Sophie, Des hommes en changements, Contribution à l’analyse des résistances

masculines aux changements et aux renégociations de genre du côté des hommes, Université Toulouse Le-Mirail, Les Traboules, Rapport à la D.G. V (programme concernant la stratégie-cadre communautaire en matière d'égalité entre les femmes et les hommes), 66 pages.

• « Os homens e o masculino numa perspectiva de relaçoes de sexo » in Schpun Monica Raisa, Masculinidade, San Paolo, Boitempo editorial, pp 107-128

•Différents extraits d’articles in Rault Françoise (dir) L’identité masculine, permanences et mutations, Paris, La documentation française, coll. Problèmes politiques et sociaux, n° 894, pages 14, 18, 44, 55.

• « Masculin, le genre l'emporte encore sur le féminin », Rebond : question de famille.in Libération, 28 juillet 2004,

 

2005

• « Les hommes en renégociation », in Welzer-Lang D., Le Quentrec Y. Corbiere M., Meidani A., Pioro S., Les hommes en changements, actes du séminaire européen sur les résistances masculines aux changements, février 2004, Université Toulouse Le Mirail, pp 109-141

• « Les hommes, le couple, la famille, le travail : solder la domination masculine » in Touati Armand (dir) Femmes Hommes, l’invention des possibles, Antibes, Cultures en mouvements, pp 89-94 (diffusion Presses Universitaires de France).

• « Introduction » et « Des hommes en renégociation », in Welzer-Lang D., Le Quentrec Y. Corbiere M., Meidani A., Les hommes entre résistances et changements, Lyon, Aléas pp 9-16 et 207-346.

• « Le gueuloir bi ou comment la biphobie vient aux gais » «The bi-shouting shop or how gays become bi-phobics »  in Psicologica Politica ; vol. 4, n°8, pp 307-324.

• « Echangisme », « Masculinités », « Multisexualités » in Philippe Di Falco (dir), Dictionnaire de la pornographie, Presses Universitaires de France, pp 151-156, 284-287, 307-310.

 

2006

• « Penser l'accueil des hommes violents, penser le masculin » in Revue Sociologie Santé, juin 2006, n° 24  201-214.

• « Mon toulouse : Ö Tolosa rosa, in (Collectif) Raffuts, Toulouse, éditions du Corbeau, pp 273-281.

• « L’intervention socioculturelle auprès des garçons dans une perspective genrée » in Gillet Jean-Claude, Raibaud Yves (dir), Mixité, parité, genre dans les métiers de l’animation, Paris, l’Harmattan, pp 125-137.

• « Introduction » in Welzer-Lang D., Zaouche-Gaudron C., Etudes et travaux de l’Ecole Doctorale TESC (temps, espaces, sociétés, culture), Des hommes et du masculin, Université Toulouse Le Mirail, pp 7-10.

 

2007

•Articles : Bar à hôtesses (p.101), Club échangiste (pp170-171), Commerce du sexe (pp181-182), Maison close (pp 533-534), Masculinité (pp 543-545), Peep-show (p.651), Prostitué, ée (pp 709-711), Prostitution (711-712), Proxénétisme (713-714), Sauna (p.783), Sex-shop (p. 806), Strip-tease (p. 838), Téléphone rose (pp 849-850), Virilité (pp 917-918), Petit Larousse de la sexualité, Paris, Larousse.

•  « L’intervention auprès des hommes… aussi », in Empan, Des femmes et des hommes : un enjeu pour le social, Toulouse, Erès,  n° 65, pp 42-48.

•  « Identité masculine, entre changements, résistances et tiraillements » in, L’observatoire, Liège (Belgique), n°53, juin 2007, pp 21-25.

 

2008

• « Virilité : changements et précarisations » [Virility: Changes and insecurity ; Virilidad : Cambios e inseguridad], Sexologies, Volume 17, Issue 2, April-June 2008, Pages 90-95.

• « Biphobia in the gay and lesbian community », in Journal of Bisexuality, Haworth Press inc., vol. 8, num 1-2, 2008, pp 81-95.

 

2009

• « Le tourisme libertin, un secteur en mutation », Espaces, tourisme et loisirs, février 2009, pp 29-37.

• « Le gueuloir bi ou comment la biphobie vient aux gais » in Actes du colloque LGBT de Rouen, PUHR (Publication des université de Rouen et du Havre), à paraître

• « Les hommes battus », in Empan, Les violences conjugales, n°73, Toulouse, Erès,  pp 81-89..

• « La queerisation actuelle des hétérosexualités » in Deschamps Catherine, Gaissad Laurent et Taraud Christelle, (dir), Hétéros, discours, lieux, pratiques, Paris, EPEL, pp 81-93.

• « Homophobie, hétérophobie, multisexualité, égalité, signes de l’éclatement du corset du genre ? » in Welzer-Lang D., Zaouche-Gaudron C., Etudes et travaux de l’Ecole Doctorale TESC (temps, espaces, sociétés, culture), Des hommes et du masculin II, Université Toulouse Le Mirail, à paraître.

• « Du réseau social au réseau sexuel », in Empan, Réseaux Internet et lien social, n°76, Toulouse, Erès,  pp 72-82.

 

2010

• « Le gueuloir bi ou comment la biphobie vient aux gais » in Homosexualités : révélateur social ?, PUHR (Publication des universités de Rouen et du Havre), pp 81-95.

• « La mixité non ségrégative confrontée aux constructions sociales du masculin » in Revue française de pédagogie, « la mixité scolaire, une thématique (encore) d’actualité ?, pp 15-29.

 

2011

• « introduction : Pour approfondir débats et recherches sur le genre »  (avec Chantal zaouche) et  « Débattre des hommes, étudier les hommes, et intervenir auprès des hommes dans une perspective de genre »  in Welzer-Lang Daniel, Zaouche C. (dir),  Masculinités : état des lieux, Toulouse, Eres, pp 7-23 et pp 41-54.

•  Postface : « Et si… » in Ayral Sylvie, La fabrique des garçons, Sanctions et genre au collège, Paris, PUF, pp 201-202.

 

 

 

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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 06:22

L’hétérosexualité n’existe pas [V2]

Aussi surprenant que cela puisse paraître, l’hétérosexualité n’existe pas.

Comprenons nous, ne pas exister ne signifie pas ne pas avoir de sens pour les personnes qui adhèrent à ce mythe, à ce bluff. De la même manière qu’on peut croire à la sincérité d’un escroc, boire ses paroles, se laisser porter à rêver à ses promesses, lui donner de l’argent… On peut aussi penser l’hétérosexualité normale, naturelle et se vivre comme ordinaire(s) en regardant de loin, ceux, celles qui par leurs pratiques, leurs discours, contestent tout ou partie de l’évidence hétéronormative. Vivre et plus encore, vivre bien, c’est se penser conforme aux lois de la nature. Les hétéros vivent aussi ainsi.

L’hétéronorme est le catalogue (le programme interne, le logiciel) de l’hétérosexualité. Il ne faut d’ailleurs pas en avoir une vision morale et restrictive. L’hétérosexualité et l’hétéronorme ouvrent un paradigme, une manière de voir, de sentir, de désirer, de baiser, de faire l’amour, de dire, d’érotiser, d’observer, de penser… qui, bien sûr, et n’en déplaisent aux moralistes, ne limite pas à des injonctions positives et exclusives. L’hétéronorme nous dit ce qui est normal, propre, donc aussi en creux, ce qui est anormal, pervers, sale, transgressif... Dans la mesure où ce qui est interdit (le viol aujourd’hui), ou à peine toléré (pensons à la sodomie pour les hétéros) s’inscrit aussi dans les plaisirs dits hétérosexuels, nous les considérerons comme constitutifs, et constituants de l’hétéronorme. Observer une norme consiste aussi à étudier ses « déviances », ses marges qui à leur manière alimentent et enrichissent aussi la norme. Et en sont aussi des alternatives disponibles pour réactualiser la norme. Ainsi l’hétéronorme nous dit qu’enculer une femme est contre-nature, sale, violent, douloureux (pour la femme) …… Rien n’empêche de penser que la sodomie hétérosexuelle soit un jour, sous des prétextes de santé publique (la sodomie provoque des microlésions et favorise donc la transmission du sida), ou par désir d’apparaître moderne par des enseignant-e-s progressistes et « open »,  enseignée dans les programmes d’initiation à l’hétérosexualité dans les écoles de la République. La sodomie est aussi hétéronormative que la pénétration vaginale.

Les hétéros ne sont pas plus normaux que les autres. La création de la catégorie « hétéro » est récente. Avant l’épidémie du sida et l’évocation des groupes soi-disant à risque (notamment les homos) et la volonté de ceux, celles qui se pensaient « normaux » et « normales » de se distinguer et de se labelliser, y compris parfois dans un objectif déclaré de solidarité avec la communauté gaie lourdement touchée par le VIH, les hétéros n’existaient pas. Il y  avait eux, elles, les ordinaires, les normaux-naturels, et les autres… La création de la catégorie hétéro dans le grand public a été un pas important dans la dénaturalisation de l’hétérosexualité. Quant à la « culture hétérosexuelle », elle a été créée socialement comme catégorie « naturelle » (sic) entre le XIIe et le XVIe siècle dans l'Occident chrétien, comme le montre brillamment Louis-Georges Tin (L'invention de la culture hétérosexuelle, Éd. Autrement, 2008).

Au même titre que l’hétérosexualité n’existe pas comme réalité naturelle inscrite dans une quelconque biologie de l’espèce, qu’elle est confusion et amalgame entre reproduction et sexualité, culture et nature, gestation et coït, désirs et élevage… n’existent pas non plus l’homosexualité, la bisexualité… Ce qui ne veut pas dire qu’il n’existe pas d’homosexuel-le-s (des gais, des lesbiennes), de bisexuel-le-s. Gais, lesbiennes, bi existent parce que le pouvoir médical les a créé-e-s de toutes pièces, en particulier en inscrivant ces pratiques dans le catalogue des sexualités anormales, en pourchassant, poursuivant, enfermant, tuant parfois, ceux, celles qui revendiquaient ces types de pratiques. En réaction aux stigmates produits par l’hétéronorme et les visions naturalistes de l’hétérosexualité, des mouvements sociaux se sont développés en particulier au XXe siècle qui ont abouti ces dernières années à la mouvance LGBT. Les luttes des gais, des lesbiennes, des bi, des transgenres, des hétéros non normatifs comme les libertins… ont remis en cause avec succès la vision officielle et unilatérale produite sur les sexualités par les différents pouvoirs (Etat, Médecine, Eglise, Ecole…).

Il y a différentes formes de désirs sexuels pour les personnes de l’autre sexe. Tout n’est pas hétérosexualité. Ne sont hétérosexuel-le-s que les personnes qui se conforment à l’hétéronormativité. Ceux, celles que l’on qualifie ou qui se revendiquent d’être libertin-ne-s, pervers, voyeuristes, exhibitionnistes, mélangistes, multisexuel-le-s, côte à côtiste, candaulistes,  triolistes, adeptes des pluralités masculine et/ou féminine, les S-M [sado-maso], fétichistes, monosexuel-le-s, asexuel-le-s… remettent, sous une forme ou une autre, en cause l’hétérosexualité…

Ce  ne sont pas tous, ni toutes, des hétérosexuel-le-s au sens strict du terme. Reste d’ailleurs à inventer un terme pour le dire.

Il nous faut faire une rupture (épistémologique) avec nos manières de penser sexe et sexualités au XXIe siècle. Il nous faut renverser la manière de voir, penser et vivre ces questions.

Est définie comme hétérophobie toute stigmatisation, sous une forme ou une autre, des pratiques sexuelles non hétéronormatives, donc non hétérosexuelles, entre hommes et femmes.  L’hétérophobie dénigre, caricature et condamne toute forme de sexualité non conforme à l’ordre de genre viriarcal (où les hommes ont le pouvoir), patriarcal (où les hommes dirigent les échanges sexuels des femmes, leur désignent partenaire et conjoints, contrôlent la descendance…).

L’hétérosexualité définie le cadre du deux : un homme et une femme, comme fondement de la famille et du couple. Rien n’empêche de définir autrement, de fonder différemment, le système familial. Déjà des millions de personnes tout en croyant à l’hétérosexualité et à la primauté du couple, paient très cher en termes de solitudes, de travaux d’élevage, de travaux domestiques, l’abandon du deuxième partenaire (plus de 80% des fois, l’homme appelé alors le père). D’autres ont opté pour l’homoparentalité, la coparentalité et montrent dans les actes que d’autres modèles culturels de familles sont viables à long terme. Certain-e-s, en ne cohabitant pas ensemble, donc  en s’extrayant pour tout ou partie de leur temps, du contrôle de l’autre, expérimentent des mutations de l’hétérosexualité.

L’hétérosexualité nous dit ce qu’est un homme hétérosexuel, et lui accorde le privilège de se penser normal, de disposer alors des privilèges réservés à ses semblables. A sa disposition, une femme  qui adhère, souvent sans le savoir, au dogme hétéronormatif et qui, de fait, se retrouve plus ou moins soumise, dépendante. En tout cas une femme qui va se considérer comme complémentaire, en fait seconde, et inférieure, économiquement, sexuellement, socialement, politiquement, à celui, ceux, qui s’autodéfinissent comme premiers.

La personne qui dispose, pour une raison ou une autre (naissance, opération, supercherie…) des attributs externes dits masculin, et adhère à l’hétérosexualité, puis le prouve sans cesse par la démonstration de sa virilité, est définie comme un homme hétérosexuel. L’homme hétérosexuel est une personne qui, érotiquement, est mutilée d’une partie de son corps et doit se conduire comme un handicapé affectif majeur. Devant se définir, et défini, comme un guerrier conquérant, alignant (de manière réelle ou imaginaire), les conquêtes féminines comme on aligne les médailles de virilité l’homme hétérosexuel doit montrer un corps conforme aux injonctions masculines ; quitte à payer des femmes quand sa séduction dite naturelle ne fonctionne pas, ou qu’il n’a pas le temps de séduire. Il est défini comme homme actif, pénétrant. Il centre sa sexualité sur son sexe, sa queue, son phallus qu’il emblématise et fétichise comme signe, étendard, de son hétérosexualité. L’érotisation des autres parties de son corps (bras, cuisses, oreilles, anus, pieds, cheville, peau, fesses, nombril, couilles…) est au mieux secondaire, mais très souvent occultée. L’homme hétérosexuel a appris à confondre orgasme et éjaculation, limitant l’acte sexuel à une action performative prouvant sa virilité et sa qualité « naturelle » d’homme hétérosexuel. Très souvent avant même sa puberté, la pornographie hétérosexuelle lui a enseigné les codes érotiques, en particulier l’excitation devant des bouts de corps désignés comme « bandants », et appartenant à des femmes inconnues ; des femmes payées ou volées. La pornographie hétérosexuelle lui a appris à être client. Mais aujourd’hui, surtout devant des femmes, il est de bon ton, de critiquer l’accès des jeunes à cette porno qualifiée de sexiste (alors qu’elle est d’abord et surtout hétérosexuelle), tout en leur proposant d’en visionner ensemble.

Au XXe siècle il a appris la vertu des préliminaires pour ne ne pas apparaître aux yeux des femmes hétéros comme un goujat, un macho. Mais ses caresses concernent ses partenaires. Lui a une sexualité bicentrée, bicéphale : une tête pour fantasmer, une queue pour « baiser », une cravate entre les deux pour montrer le sens du désir. Homme, il doit aussi se montrer dur, sec, et délaisser les démonstrations affectives. Au fur et à mesure de ses apprentissages à la virilité entre hommes, dans la maison-des-hommes que symbolisent les cours d’école, les matchs de sport, et pour ne pas (trop) souffrir des violences multiples subies entre hommes hétéros, sa peau se recouvre d’une sorte d’oxyde qui tend à le présenter comme insensible. Il a bien sûr le droit de pleurer. Mais ces écarts à la virilité doivent être rares, et spectaculaires. Effets garantis sur les femmes hétérosexuelles.

L’homme hétérosexuel, en contrepartie de ses efforts pour apparaître viril et ses effets corporels  limitatifs, a des droits spécifiques. Il peut, par convention patriarcale, disposer d’une femme, mère et gardienne de sa progéniture et d’autres partenaires sexuels, qu’il paie ou non. Aujourd’hui, pseudo égalité des sexes oblige, il doit juste s’assurer que sa compagne n’en ait pas la preuve. Et si, malgré ses subterfuges, elle vient à le découvrir, il doit dire, crier et prouver que sa sexualité extra-conjugale est sans affects. Les hommes hétérosexuels qui n’arrivent pas à entretenir cette illusion ont toutes les chances de se retrouver seuls.

L’homme hétérosexuel a gardé la mémoire corporelle et érotique des jeux, joutes sexuelles entre hommes  survivances des premiers siècles de l’ère chrétienne. Mais cela doit être caché. Les femmes (hétérosexuelles) ne doivent pas se douter qu’il fréquente les sex-shops, les saunas gais, les backrooms (où le noir facilite la discrétion), comme elles doivent ignorer les contenus des troisièmes mi-temps et des jeux entre hommes hétérosexuels dans les vestiaires, les prisons, les internats de garçons, les plages au Maghreb…

La femme hétérosexuelle présente une double image : la mère et la pécheresse (dénommée souvent putain, ou salope dans l’imaginaire des hommes hétérosexuels). Dans tous les cas, c’est une femme castrée de ses possibilités d’acter de manière autonome. Pour être définie comme hétérosexuelle, donc se prévaloir d’être normale, naturelle, elle doit se présenter comme douce, sensible, aimante, bref se conformer à l’image dite féminine du monde. En fait, elle est soumise aux hommes, et à son homme en particulier par les codes hétérosexuels qui se présentent comme représentatifs de la nature. La littérature romanesque lui a appris que la sexualité doit être liée aux affects, en particulier à l’Amour. Ce qui la différencie de l’homme hétérosexuel. Dans la sexualité conjugale, seule sexualité légitime, elle a acquis de hautes luttes au XXe siècle le droit de désirer et de jouir. Ses désirs sont liés à l’amour conjugal, ses plaisirs et aux actions pénétrantes des hommes hétérosexuels. Dans les codes hétérosexuels, elle est toujours présentée comme « pénétrée ». La palette d’orifices disponible s’est officiellement étendue ces dernières années. La pénétration hétérosexuelle est souvent assimilée avec la violence du désir et/ou la violence tout court. Cherchant un homme actif, protecteur, entreprenant, affirmatif, sécurisant, bref un vrai homme hétéronormatif, persuadé de son intrinsèque supériorité naturelle, la femme hétérosexuelle court un risque certain de se retrouver aux prises avec un homme violent et contrôlant. Le mariage, la mise en couple sont souvent synonymes de passeport pour la violence domestique. Elle-même persuadée de sa supériorité de mère sur les enfants, elle reproduira alors les violences sur sa progéniture.

Elle est valorisée quand elle ressemble aux codes esthétiques qu’aiment les hommes. Les codes esthétiques lui rappellent sans cesse par le temps passé à s’apprêter, à enlever tout poil qui pourrait la faire assimiler à un homme, l’utilisation des hauts talons, de la jupe, qu’elle est une vraie femme. Donc incapable de se mouvoir en toute liberté comme un homme. Luttes des femmes obligent, l’hétérosexualité s’est libéralisée ces dernières années. Depuis 1970 les femmes hétérosexuelles (et les autres) sont autorisées à porter pantalons et accessoires masculins dès le lycée. Mais seules celles qui respectent les codes érotiques masculins seront déclarées « sexy ». Elles peuvent alors disposer des quelques bribes de confort (appelées galanterie) proposées par les hommes hétérosexuels en compensation de l’infirmité sociale qu’elles mettent volontairement en scène. La femme hétérosexuelle peut aussi, quand l’esthétisme cesse de faire de l’effet à « son » homme se valoriser en devenant une épouse et/ou une mère accomplies. C’est-à-dire une boniche, non payées, à disposition de ses proches et de leur allié-e-s. La femme hétérosexuelle est sensée, si elle est normale, y trouver beaucoup de plaisirs. C’est pour elles que l’hétérosexualité a inventé « l’amour maternel » [Voir le livre d’Elisabeth Badinter, L’amour en plus. Histoire de l’amour maternel (XVIIe – XXe siècle), Flammarion, 1980 ; LGF, réed., Flammarion, 2010).  

Les insoumis-e-s à l’hétérosexualité, ceux et celles qui n’arrivent pas à se soumettre à ses diktats ou qui les refusent, se voient contester de facto leur appartenance au groupe des hommes ou des femmes normaux et ordinaires. Ils et elles sont anormaux. Certain-e-s sont même enfermé-e-s, psychiatrisé-e-s, confronté-e-s aux électrochocs ou aux thérapies chimiques, voir pour les hommes tués par des hommes hétérosexuels qui s’amusent, y compris d’ailleurs parfois en les violant.

Ceux qui se donnent à voir comme des hommes efféminés, non-virils, gringalets seront soupçonnés d’en être, de ne pas en avoir. Bref d’être des « pédés », improductifs , parasites sociaux. On pourra s’amuser d’eux, les maltraiter pour montrer aux hommes normaux et hétérosexuels ce qu’il en coûte de vouloir se distinguer des codes hétéronormatifs. Il en ira de même avec les femmes qui ne conforment pas leur esthétisme aux codes érotiques masculins, celles qui n’acceptent pas d’être appropriées du regard par les vrais hommes, ou de leur servir de supports masturbatoires, de fantasmes pendant qu’ils oeuvrent sexuellement, pour une raison ou une autre, sur leur femme légitime. Les boudins, laiderons, cageots, grosses…, sans même parler des femmes à barbes ou à moustaches, celles qui refusent de se raser les poils aux jambes ou sous les bras, seront mis à l’écart du marché de l’hétérosexualité. Sauf exceptions, elles seront attribuées aux hommes hétérosexuels qui n’ont pas les moyens virils de séduire, ou payer de belles femmes. Ou mises du côté de la maternité rapide pour servir de main d’œuvre reproductive à l’espèce.Les personnes âgées (non reproductives) qui n’ont pas d’argent pour payer des sex-toys humains seront enfermé-e-s, sans droits, dans des mouroirs à vieux avec interdiction de sexualité. Les handicapé-e-s, les malades mentaux, seront traités de la même manière.

Ceux et celles qui s’insoumettent aux codes et injonctions sexuel-le-s définies par l’hétéronormativité seront aussi assimilées à des anormaux, des anormales. On surveillera leurs enfants des risques qu’ils courent en contact avec ces « pervers », On guettera leurs déviations comme on scrute des gens malades. De loin, avec répulsion et peurs de la contamination. Au mieux, ils et elles pourront être utiles dans le commerce du sexe pour amuser les hétérosexuel-le-s. Il en va ainsi des femmes à godes qui aiment prendre un hommes, des hommes soumis, des femme dominantes, des Maîtresses femmes, des partouzeurs et partouzeuses, des libertins et libertines, des triolistes et autres pervers du sexe et de la quéquette ou de la foufoune. Les hommes et femmes qui se pensent normaux et normales pourront parfois s’amuser à les copier. A la seule condition que cela soit exceptionnel, dans des lieux clos, et de bien spécifier qu’il s’agit d’une mascarade (passagère), que l’ordre hétéronormatif n’est pas contesté. Mais au contraire réaffirmé.

Parmi les homosexuel-le-s, les transgenres, seul-e-s, ceux et celles qui s’en excusent sans cesse, affirment une erreur de la nature (et du Bon Dieu) seront toléré-e-s. Encore faut-il qu’ils et elles crient bien fort leur virilité pénétrative pour les hommes, leur féminité et leur soumission pour les femmes. Celles-ci sont d’autant plus appréciées si elles laissent les hommes normaux donc hétérosexuels les mater, rêver qu’elles sont gouines par défaut d’Amant qui sache faire. Homme que beaucoup d’hommes hétérosexuels pensent pouvoir être. Les autres, les hommes efféminés, appelés « folles » et traités parfois comme telles, ceux qui aiment être pénétrés, ceux qui ne veulent pas ou ne peuvent pas pénétrer les femmes normales donc hétérosexuelles, trouveront au mieux des occupations dans la prise en charge esthétique de ces femmes hétérosexuelles (manucures, coiffeurs, couturiers…) ou pourront servir d’ouvrage aux hommes hétérosexuels qui veulent s’amuser ou crier leurs manques., Quant aux hommasses, butchs, camionneuses, elles pourront s’excuser, expier, en se mettant au service des gens hétérosexuels normaux : bonnes sœurs, infirmières, gardiennes de refuges pour animaux, Saintes vierges de complément... Les autres seront mis à l’index de l’hétéronormativité…

Enfin, ceux et celles qui s’insoumettent aux codes sociaux hétéronormatifs, les hommes indécis, doux, timides, hésitants en permanence, ceux qui n’aiment pas se battre et refusent une quelconque fatalité pour les guerres, les femmes affirmatives, féministes, celles qui aiment le pouvoir et se battent comme les mecs, celles qui veulent nous faire croire qu’elles en ont, un immense « plafond de verre » limitera leurs prétentions sociales. Il ne faudrait surtout pas qu’elles atteignent les mêmes postes que les hommes hétérosexuels normaux.

Les rebelles à l’hétérosexualité et/ou à l’hétéronormativité, ceux et celles qui non seulement sont insoumis et insoumises à l’hétéronormativité, mais de plus le revendiquent. Les lesbiennes qui osent dire — à raison — qu’elle ne sont pas des femmes, les queers qui mettent en scène leurs différences et osent affirmer la non-primauté du modèle hétérosexuel, les insoumis-e-s du genre qui luttent contre l’hétéronormativité et ses codes de violences, d’appropriation des femmes, de stigmatisation des gais, des lesbiennes, des bi, des trans, les autres (les non-lesbiennes, les non-gais, les non-bi, les non-trans…) qui refusent pour une raison ou une autre, ou sans raison apparente, les codes, prescriptions, injonctions distillées jour après jour, et dans l’ensemble des espaces sociaux par l’hétéronormativité et son système de signes, de punitions, de récompenses, ses dragues merdiques et lourdes, ses obligations du couple hétérosexuel où seul l’homme peut jouir sans entrave, où la femme/mère/épouse est reléguée au travail domestique et à l’élevage des enfants, les intellectuel-le-s qui prétendent déconstruire le dispositif de sexualités et ses petites boîtes catégorielles…  seront regardé-e-s comme des apprentis terroristes. On fera courir toutes les rumeurs possibles sur leur compte pour décourager les hommes et les femmes hétérosexuel-le-s de les entendre, puis de les écouter.

 

 

 

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