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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 04:41

 

Depuis le 1er février 2011, la Ligue de Droits de l’Homme (LDH) de Toulouse, en lien avec quelques universitaires de l’UTM (Université Toulouse Le-Mirail)  a créé l’ « Observatoire des comparutions immédiates ». Tous les après-midi des auditeurs et des auditrices scrutent les audiences de cette justice si particulière où défilent, jour après jour, immigrés sans papier expulsés qui refusent d’embarquer à Blagnac, sous-prolétaires n’ayant pas la chance d’avoir un ami propriétaire d’un jet en Tunisie, petits larçins du quotidien…

Cette  justice se fait en notre nom à tous et toutes…

Les auditeurs et auditrices, outre une grille d’observation, sont invité-e-s à écrire aussi leurs impressions : une vision plus subjective et qualitative de cette justice-là…

Premiers résultats de l’Observatoire : en juin 2011.

 

[Pour joindre l'Observatoire des Comparutions Immédiates : mail = ocomi31@yahoo.fr]

 

Je ne manquerai pas de publier ici quelques billets traduisant mes observations.

 

 

 

31/1/2011

Observatoire des comparutions immédiates

JDT [journal de terrain] DWL

 

Le tribunal comme miroir social des jeux de pouvoir entre hommes

 

Autant, je vais te rattraper, te buter… est une menace…

En quoi : « Vas te faire enculer », « Fils de pute » sont des insultes ?

Pourquoi assimiler un grand plaisir comme la sodomie à une insulte ? Imagine t’on porter plainte contre quelqu’un qui aurait dit « Pars en vacances en Grèce et prends du plaisir ! »

En quoi être fils ou fille de travailleuse du sexe est une insulte ? La constitution ne garantit-elle pas l’égalité de tous et toutes, quelles que soient nos origines, nos métiers ?

 

Sur la scène du tribunal ce jour-là : des hommes ! Seule une greffière et une avocate viennent troubler l’Ordre masculin hétéronormatif ! Des hommes en arme (gendarmes) viennent demander réparation parce qu’un homme ordinaire, prénommé Abdel (donc un garçon peut-être supposé venir de l’ailleurs) armé d’un jouet d’arme en plastique [bref, un homme qui joue à l’Homme], les a insultés. Un vrai homme cet Abdel. Il aime boire et montrer alors sa virilité, menacer, mettre la vie d’autres hommes en danger. Seule la sagacité du gendarme qui s’est écarté a pu lui éviter des traumatismes physiques lorsque Abdel a refusé de s’arrêter au barrage mis en place pour le contrôler.

 

Un homme, détenu ce jour-là, qui de récidive en récidive, joue à l’homme en assimilant sa voiture à une arme : « Si j’avais ma porche, j’aurais éclaté votre voiture ». Un garçon que l’on ressent comme violent. Un homme qui aurait besoin d’être aidé pour quitter ces habits de la virilité. Que lui propose t’on ? Un stage de deux ans de redressement dans ce segment si particulier de la maison-des-hommes qu’est la prison. Ce lieu où l’ordre viril règne, régule les relations. Que va t’il comprendre ? Que les hommes en armes sont, ce jour là, les plus forts !

 

Et trois gendarmes, 4 magistrats, auront validé ce jour-là l’ordre homophobe où la sodomie est considérée par les mâles, les vrais, comme un mal absolu.

 

 

 

 

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